Pourquoi une Association des Parents d’Elèves Danseurs au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris ?

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Pourquoi une Association de Parents d’Elèves Danseurs au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris ?

Parce que s’associer c’est cesser d’agir seul, parce-que tous les parents d’élèves ont les mêmes espoirs, parce qu’ils doivent faire face aux mêmes difficultés, aux mêmes problèmes, parce-que les échanges, les réflexions sont enrichissants, parce que si presque tous les élèves musiciens du Conservatoire sont majeurs, les élèves danseurs eux sont souvent mineurs, ou bien ont eu leur majorité depuis peu et qu’ils ont besoin du soutien de leurs parents aux côtés de leurs enseignants.

Certains parents sont très peu au fait des études dans le domaine des Arts chorégraphiques, ils ne savent pas toujours ce que cela implique.

Le marché du travail de la Danse est exigeant, les élèves ont besoin de soutien dans leur recherche, l’implication de leurs parents peut avoir une influence déterminante, même lorsque les élèves danseurs sont majeurs.

L’association APECCNSMDP existe depuis 1986, elle permet aux parents d’élèves danseurs d’échanger entre eux (études, logement, transports, stages, cours privés, spectacles, soutien), elle contribue à aider certains parents à « se mettre à niveau » pour pouvoir mieux accompagner leurs enfants élèves danseurs. L’association se réunit régulièrement pour regrouper d’éventuelles questions à faire remonter auprès de la Direction des Arts Chorégraphiques.

L’APECCNSMDP est un vecteur de communication qui permet à la Direction des Arts Chorégraphiques de faire passer rapidement des messages auprès des parents (plutôt que de les contacter individuellement).

Elle contribue ainsi, même modestement, à une cohérence d’action entre enseignants et parents auprès des élèves danseurs.

Ces jeunes sont souvent doués du point de vue scolaire, pour pouvoir rebondir ou évoluer dans les arts chorégraphiques, il sera utile d’avoir le bac et de faire des études post-bac ; c’est souvent réalisable (voir l’article sur la Licence Arts du spectacle notamment).

Précision importante : cette association, l’APECCNSMDP, n’est aucunement une instance dirigeante du CNSMDP.

 

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L’APECCNSMDP sur le site du CONSERVATOIRE :

Association des parents d’élèves danseurs du Conservatoire (APE)

Indépendante de toute fédération, l’Association des parents d’élèves poursuit un double objectif :

  • Développer la communication et la concertation entre les parents et le Conservatoire sur l’ensemble des sujets qui touchent aux conditions d’enseignement et de vie des élèves.
  • Favoriser le développement des disciplines artistiques en entretenant des contacts suivis avec les instances représentatives, administratives et/ou professionnelles.
    Ouverte à tous les parents d’élèves danseurs en cursus de danseur interprète, elle organise des réunions régulières au Conservatoire selon un calendrier établi en début d’année scolaire et distribué à chaque adhérent.
  • Adhésion : 25 euros par an

http://www.conservatoiredeparis.fr/vie-etudiante/les-associations/#c223

BULLETIN D’ADHESION : Bulletin d’adhésion APE CNSMDP 2015 2016 OK

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La formation musicale du danseur

LA FORMATION MUSICALE PAR SOPHIE ROUSSEAU

L’indispensable et primordiale formation musicale et rythmique pour être un Danseur de haut niveau,
par Sophie Rousseau.

Musicienne, danseuse,Sophie Rousseau, enseigne la formation musicale aux danseurs du CNSMDP. Fondatrice et directrice artistique de la Compagnie Maître Guillaume, mais aussi formatrice dans le cadre du diplôme d’État en danse et en musique à l’École d’Enseignement supérieur des « Beaux Arts et du Spectacle Vivant » de Toulouse. La réflexion sur les rapports musiques / danses, associée à des pratiques d’enseignement et de création, est l’axe central de sa vie professionnelle et artistique. Elle a publié un ouvrage en septembre 2012 en collaboration avec Denis Lamoulère, « O’nomatopées, mouvement dansé et geste vocal pour une pratique musicale ». (M. Le Van Ho)

Pouvez-vous d’abord évoquer votre parcours et ce qui vous a amenée à cet enseignement de la musique aux danseurs ?

Sophie Rousseau nous répond : « J’ai la chance d’avoir un parcours riche de rencontres.
Musicienne depuis l’enfance, d’abord avec des études de piano, puis je découvre et pratique les percussions (où j’apprends la transmission orale avec un maître haïtien Pierre Chériza Fenelus). Parallèlement à ces pratiques musicales, la danse, les danses de bal (de salon, traditionnelles…) ont toujours fait partie de ma vie. Je débute professionnellement comme éducatrice auprès de la petite enfance, puis comme animatrice socioculturelle. La musique et la danse ont dans ces deux activités une place importante. Je décide d’approfondir ma pratique pédagogique en formation musicale auprès de J. Barathon et R. Lemêtre.
J’enseigne ensuite dans le cursus d’études supérieures en danse, à la Sorbonne de 1985 à 1988. Dans les années 1980, je fais la rencontre de Francine Lancelot, directrice de « Ris et Danceries », et découvre le monde de la musique et de la danse ancienne. Elle me propose de réunir et de coordonner musiciens et danseurs, sur le répertoire de musiques de bal de la Renaissance française. La découverte de ce répertoire m’a ouvert un espace de liberté. Cet événement est à l’origine de la « Compagnie Maître Guillaume » que je fonde en 1983.
Au sein de la compagnie, nous organisons : des bals où ce répertoire mêlé à d’autres, est partagé dans une pratique collective, la transmission (stages, cours, édition de documents, enregistrement de CD, réalisation de spectacles où la création en danse dialogue avec la musique ancienne).
De 1988 à 1993, sous la direction de G.Geay, j’enseigne les danses de la Renaissance pour les musiciens dans le département de musique ancienne du CNSMD de Lyon ; puis au CRR de Tours à partir de 1992. En 1989, Quentin Rouillé me propose de faire partie de l’équipe du nouveau cursus des études chorégraphiques au CNSMDP.

Quelles sont les spécificités de la formation musicale pour les danseurs ? Votre enseignement est-il différent sur les deux cursus, contemporain et classique ?

Dans l’absolu je ne verrais pas de spécificité mais le temps imparti à cette matière dans la formation du danseur étant assez court, il convient d’avoir des objectifs précis. Ce cours doit permettre aux étudiants des deux cursus d’acquérir, par un enseignement sensible et théorique, les éléments d’une formation musicale nécessaire à leur pratique et au dialogue entre danseurs et musiciens.

Quel répertoire musical leur présentez-vous ? Sur quels aspects insistez-vous particulièrement ?

L’enseignement aujourd’hui se répartit sur deux ans (en 2e année 1h et en 3e année 1h30 hebdomadaires) et un travail sur le cours d’atelier en 4e année. Les contenus sont le rythme, langage commun à la musique et à la danse, la pratique vocale, mémorisation par imitation (éducation de l’oreille et construction de la mémoire musicale), chant et rythmes corporels, polyphonies.

Ces pratiques associées permettent de repérer les relations existantes entre musique et danse telles que mouvement mélodique et phrasé chorégraphique, structure rythmique de la musique et du mouvement, l’acquisition de structures polyrythmiques, la construction d’une mémoire musicale active, le développement du chant intérieur, la notion d’improvisation individuelle et collective. 
L’acquisition du code d’écriture rythmique permet ensuite l’initiation à la lecture globale de partition  d’orchestre.
La culture musicale est nourrie par l’écoute d’œuvres (écrites, tradition orale, etc). Ces écoutent permettent le repérage et l’analyse des éléments fondamentaux (pulsation, mesure, tempo, structure, phrasé, dynamique, harmonie…), la reconnaissance des instruments, la présentation des grandes formes musicales de la musique occidentale et la découverte des principaux courants musicaux et leurs liens avec les grandes époques chorégraphiques.
Pendant la deuxième année, les étudiants préparent un exposé en binôme à partir d’un extrait de cinq minutes d’une œuvre chorégraphique du répertoire. L’exposé comprend la présentation de l’œuvre, du chorégraphe et du compositeur, le repérage des partis pris de l’écriture chorégraphique en rapport avec la musique, le rythme, la mélodie, l’instrumentation et le son dans sa globalité.
Dans les classes de 4e année, en collaboration avec le professeur responsable des ateliers, nous encadrons pendant huit séances environ,
la composition d’un solo sur une musique. Cinq ou six extraits musicaux de période et style différents sont proposés aux élèves avec leur analyse, ainsi que les partitions correspondantes pour les musiques écrites. Un CD est fourni, permettant à chacun de choisir sa musique. Lors de l’atelier suivant, le début
du travail d’écriture chorégraphique est présenté. Plusieurs points sont traités, parmi lesquels, le rapport à la construction musicale, le rapport entre les rythmes musicaux et ceux de la danse, la notion de « contrepoint chorégraphique », la prise de conscience de l’influence d’une ambiance, d’une couleur sonore à la fois dans la création chorégraphique et sur le regard sensible du spectateur.

Tous les danseurs n’ont pas reçu de formation musicale avant d’entrer au CNSMDP. Comment gérez-vous des niveaux hétérogènes ?

Chaque année, je fais le pari de pouvoir mélanger les différents niveaux grâce à la pratique corporelle du rythme, l’improvisation, l’écoute, l’analyse. Sur ces points les différences sont toujours minimes. Lorsque nous abordons le code d’écriture rythmique, ceux qui ont déjà reçu un enseignement «coachent» les débutants et il ne faut pas longtemps pour obtenir un niveau homogène sur cette matière.

Cette année, vous avez travaillé en atelier avec Jean Alavi pour la classe de 3e année contemporain : comment s’est déroulé cet atelier ?

En collaboration avec Romain Panassié, nous avons mené les huit séances sous forme d’atelier sur le thème de l’improvisation. Nous encadrons ces séances dans un esprit d’exploration attentive et ludique, notamment en amenant les étudiants à jouer avec la matière que nous apportons, à construire des « grilles » d’improvisation, à effectuer des tirages au sort, à oser faire des propositions … . Les thèmes abordés sont l’utilisation de l’outil rythmique, le dialogue entre les différentes matières de son et les matières de corps, les qualités de mouvement, la transversalité de certains paramètres comme les notions de phrasé, de nuance, de dynamique, d’accentuation, leurs « traductions » dans le son et dans le mouvement, l’exploration de différents modes d’improvisation (répétition, accumulation, construction-déconstruction, copie, transformation, variation autour d’un thème, forme couplet-refrain).
Au fil des séances, chaque participant passe du statut d’acteur à celui de spectateur, et vice-versa. Ainsi les retours sur leurs improvisations ne viennent pas uniquement des intervenants, mais également d’autres membres du groupe, pour être mis ensuite en discussion.

Pouvez-vous nous parler de votre travail dans le cursus de notation du mouvement ?

Le contenu de ce cursus est similaire au cours pour les danseurs avec les développements spécifiques suivants: l’analyse et notation des rythmes contenus dans les répertoires de musiques de danses de bal et dites traditionnelles, la chanson de la danse : pouvoir noter le mouvement dansé, l’analyse d’œuvres chorégraphiques en rapport avec des œuvres musicales sous la forme d’exposés et enfin, la réalisation ou la lecture d’une partition chorégraphique, pouvoir utiliser la partition musicale comme un véritable outil pour la notation et/ou la reconstruction, et pour les musiques non écrites, ou celles dont la partition est indisponible, pouvoir établir le plan de la pièce musicale et la mettre en relation avec la chorégraphie.

Quel conseil donneriez-vous aux élèves ?

Rester curieux !! A la fois pour la découverte de nouveaux répertoires musicaux et chorégraphiques et pour la rencontre avec des musiciens pour des réalisations le plus souvent possible en musique vivante.