Faire un Stage de perfectionnement en Compagnie


C’est l’opportunité de rappeler qu’un stage d’au moins une semaine en Compagnie est indispensable à l’élève danseur en année de Certificat (DNSP3) pour pouvoir valider complètement son diplôme. Et là encore le réseau de votre enfant et le savoir-être sont indispensables pour contacter les Compagnies et obtenir ce stage. Prenez les devants pour vos enfants, n’attendez pas le dernier moment, c’est aussi difficile que de trouver un stage d’année de prépa ou un premier stage non rémunéré …

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FAIRE UN STAGE DE PERFECTIONNEMENT  EN SIXIEME ANNEE

 

 Flora Virieux s’immerge pour la 1ère fois dans la vie d une compagnie dans le cadre d’un stage en 6e année au CNSMDP. Cela se passe au Ballet du Capitole à Toulouse en  septembre dernier. Nous la remercions pour son témoignage.

 

Que représente pour toi la possibilité de faire des stages dans le cadre de la 6° année de perfectionnement  au CNSMDP ?

Dans l’attente  d’un  contrat  en compagnie, cela permet de profiter de cette 6° année, après le Junior Ballet, pour découvrir  le  monde  professionnel, la progression du travail des compagnies dans lesquelles on fait un stage et voir comment cela se passe concrètement. Et en fonction de  l ‘endroit  où  l’on  décide de faire son stage, c’est l’occasion de se perfectionner. Par exemple, on peut choisir une compagnie qui a  une technique plus spécifique, des ballets américains par exemple, ou qui a un style paiiiculi er. Si c’est une compagnie dirigée par un chorégraphe, cela permet de découvrir le style du chorégraphe. On peut aussi choisir la compagnie en fonction de la programmation de sa saison. On a le choix de s’adresse aux compagnies qui nous intéressent. Le but est donc de découvrir un univers professionnel, de se faire connaître et de se perfectionner.

Comment as-tu orienté tes recherches ?

J’ai cherché à m’ouvrir et à approfondir ma connaissance des chorégraphes américains comme  Balanchine  et Robbins qui sont des chorégraphes très différents et que j ‘aime particulièrement. J’ai contacté le Ballet du  Capitole à Toulouse où il y a un répertoire très américain, il y avait du Balanchine mais pas de Robbins cette année. Par contre, il y avait aussi du Kylian, chorégraphe que j’apprécie  également énormément.  Donc

Capitole correspondait à mes attentes au niveau du répertoire.

Quelles ont été les démarches pour engager le stage ?

C’est une démarche personnelle. On fait une demande aux compagnies. On les contacte par téléphone ou par email. On leur demande s’ils acceptent de nous prendre comme stagiaire sur une certaine période. Dans mon cas, c’est le Ballet du Capitole qui a fixé la période du stage et sa durée. On peut aussi proposer aux compagn ies un  stage en demandant une période pendant laquelle ils préparent un ballet pa1iiculier. Une  fois  d’accord  sur le principe  du stage, la compagnie nous donne une réponse positive et il  faut faire une demande de convention  de stage auprès de monsieur  L ‘Anthoën . Une fois établie par le CNSMDP, la convention doit être signée par le CNSMDP, le stagiaire et la compagnie.

Comment s’est déroulé le stage (durée, hébergement, description du contenu) ?

Le stage au Capitole a donc duré un mois, en septembre. J’ai trouvé un hébergement en cité étudiante  car  j’ai une carte d ‘étudiant. Si on connaît quelqu’un dans la compagnie, on peut éventuellement se faire héberger.

Les stagiaires paicipent au cours classique le matin d’1 h30 avec la directrice du ballet Nanette Glushak ou avec l’assistant-directeur Michel Rahn. On faisait l a batTe sur Yi pointes et le milieu, toujours sur pointes. Ensuite les danseurs avaient une répétition de 2h (nous ne pouvions que regarder les répétitions).  Puis c’était la pose déjeuner d ‘ l h. Leur répétition reprenait l’après­ midi et durait environ 2  à  3H.  C’était très intéressant de voir le travail de la compagnie, les exigences des maîtres de ballet et des chorégraphes, le  travail entre chorégraphes et danseurs et  le travail entre danseurs qui s’entraident. Cela m’a permis aussi de découvrir des pièces   comme   « Falling    angels »  et « Symphony in D » de Kylian et « Thème et    variations »  de   Balanchine.

Cela permet de découvrir en détail ces pièces car on a les co1Tections des intervenants, des chorégraphes . Il y a eu une intervenante extérieure pour Kylian, pas pour Balanchine car c’est Nanette Glushak qui donnait les répétitions.  Elle a été danseuse au NY City Ballet et à l’American Ballet, elle connaît parfaitement le répertoire de Balanchine. Les répétitions se font en français ou en anglais, surtout quand il y a des intervenants extérieurs.  La  compagnie fait beaucoup de tournées.

Quels échanges as-tu pu tisser avec les membres de la Compagnie ?

Dans la compagnie il y a des danseurs de beaucoup de nationalités différentes dont des Italiens, des danseurs de l’Est, une Allemande, des Français. Mais globalement beaucoup  d ‘entre  eux parlent français sinon ils parlent anglais. Ce n’est pas toujours facile de communiquer mais on le fait en anglais avec les étrangers. La plupart du temps c’était à nous d ‘aller vers eux et en général tous répondent à nos questions. Une fois qu’on les abordait, le contact passait bien, donc il faut oser  le  faire puis des liens d ‘amitié se créent au bout d ‘un mois. Ils nous disaient comment cela se passe pour eux dans  la compagnie, comment ils  s’y  sentent, dans quelles compagnies ils avaient dansé, les différences qu’ils ressentaient entre les compagnies et l’ambiance entre danseurs. Cela dépend beaucoup de chacun, comment ils  ressentent  les choses et leur vie de danseur. Il y a une danseuse qui avait fait  le CNSMDP, Europa Danse, Bordeaux, le Ballet du Nord puis la Scala de Milan avant Toulouse. Ils nous  disaient  aussi  ce qu’ils faisaient en dehors  de  la compagnie. On a été bien accueilli en général.

Quels enseignements tires-tu de cette expérience ?

J’ai eu vraiment l ‘impression  de progresser par les corrections  données par Nanette et Michel Rahn. Cela  m’a bien aidé à avancer dans mon travail. Cependant danser lh30 par jour était insuffisant sur une période d ‘un mois ; peut-être que sur une  ou deux semaines ça pourrait aller. J’ai pu découvrir comment cela se passe réellement dans une compagnie et  l’ambiance  au  Ballet du Capitole. C’était très enrichissant de voir le travail autour de Balanchine et de Kylian. J’étais très heureuse  de  vivre cela et de partager les impressions des danseurs.

Propos   recueillis  par   Régine   Briquet